Du Pas-de-Calais à New -York, les précieuses marmelades d'un couple anglais
SAINT-REMY-AUX-BOIS (Pas-de-Calais) (AFP) - Ils couraient le monde pour la télé anglaise mais ont trouvé le bonheur dans le Pas-de-Calais à préparer des confitures: depuis leur village de Saint-Rémy-aux-Bois, Nick et Judith Gifford fournissent grands hôtels de la planète et épiceries fines de New York.
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| Nick Gifford, créateur avec son épouse Juddith de la marque de confiture "Tea Together", prépare le 12 septembre 2006 de la confiture dans son atelier de Saint-Rémy-aux-Bois (© AFP - François Lo Presti) |
Dans leur atelier étroit flotte le parfum du cassis que Nick fait cuire dans de larges bassines de cuivre. Quatorze sortes de marmelades, autant de confitures, "tout est bio", s'enorgueillit ce documentariste de 61 ans aujourd'hui en tablier, en ajoutant le sucre de canne dans la mixture.
Dans une pièce attenante, des centaines de petits pots de confiture orange-cardamome, rhubarbe ou citron-lavande attendent d'être livrés. Les cartons, estampillés "Tea together, Saint-Rémy-aux-Bois - Manhattan" sont en partance pour des cinq-étoiles de Londres, Bora-Bora ou Hong-Kong.
Las d'une "vie stressante", ils ont décidé il y a quinze ans de changer de vie en s'installant dans ce hameau vallonné d'une centaine d'habitants, raconte Judith, sa femme, 61 ans elle aussi.
"Nous ne savions plus qui nous étions mais jamais je n'avais pensé à faire de la confiture, je suis juste tombée sur un livre de recettes et voilà", confie, l'oeil rieur, cette ancienne productrice de télévision londonienne.
Avec la patrie du petit-déjeuner et du "tea-time" pour pays, ils pensaient avoir trouvé un créneau en créant leur marque "Tea together". Mais les débuts ont été "extrêmement durs", confesse Nick. Judith aujourd'hui en rigole: "On ne vendait à personne".
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| Une employée de l'atelier de Nick Gifford et de son épouse Juddith, créateurs de la marque de confiture "Tea Together", place le 12 septembre 2006 (© AFP - François Lo Presti) |
Impossible de faire machine arrière, "nous n'avions plus rien vers quoi nous retourner", justifie-t-elle, alors le couple a continué à chercher de nouveaux mélanges de fruits.
Jusqu'au jour où ils tombent sur une liste des dix plus grands hôtels du monde établie en 2000 par un quotidien britannique et envoient un échantillon à l'Hôtel Costes à Paris, "le seul français de la liste".
"Le jour suivant, ils nous ont appelés", se souvient Judith. Quelque temps après ce sera le chef Alain Ducasse qui viendra se fournir chez les Gifford.
Sans publicité, "maintenant les hôtels viennent à nous, de Prague, de Miami. C'est comme un bouche-à-oreille", se réjouit Judith, qui prospecte sur le créneau des hôtels de luxe "jeunes, cool, à la mode".
La société emploie quatre salariés à Saint-Rémy-aux-Bois et exporte plus de 90% des quelques milliers de pots produits chaque année, dont une bonne partie à Manhattan.
Une amie d'enfance de Judith, ancienne employée des Nations-Unies, s'y est reconvertie comme associée et distributrice de Tea Together à New-York. La niche y est différente: les petits pots de confiture ne sont pas proposés dans les hôtels mais dans les épiceries chics et chères de Soho comme Dean and Deluca.
Durant l'été, Nick a reçu un coup de fil d'Angleterre d'un ancien collègue qui lui proposait un tournage à Beyrouth, raconte Judith, inquiète que l'ancienne passion de son mari puisse reprendre le dessus.
"Je ne peux pas, je fais des confitures en France+", lui a-t-il répondu.